Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 19:13

Emmanuel GALHAUT
ANACIS – 2007

 


 

 

Didier FASSIN et Patrice BOURDELAIS (dir.), Les constructions de l'intolérable – Etudes d'anthropologie et d'histoire sur les frontières de l'espace moral, La Découverte, Paris, 2005.

 

 

 

Un ensemble de participations regroupées autour de Didier Fassin et Patrice Bourdelais se centre sur la notion de l'intolérable comme catégorie de l’expérience sociale et comme objet sociologique. A travers une pluralité de situations sociales, politiques et culturelles, les auteurs nous renvoient au franchissement d’une limite qui peut être tant personnelle que collective, « un seuil dans les catégories du mal, mal donné ou mal subi » (1). Un seuil qui met en jeu « une éthique collective », toujours relative à une société ou un groupe social particulier. Il relève d’une dimension morale par un décalage « entre une représentation de l'humanité » et « la réalisation de cette humanité ».

 
 

Une multitude de représentations de l'intolérable circule aujourd’hui dans l'espace public : torture, travail ou vente d’enfants, agression sexuelle, génocide, négation de la mémoire des crimes passés... Mais ce que, de façon spontanée, nous percevons comme insupportable, injuste, inhumain, n’est quelquefois perçu ainsi que depuis une date récente. Ainsi le passage du normal ou du toléré à l'insupportable relève de la transformation historique et de la  variabilité socioculturelle, il est du a des changements de sensibilité et de valeurs. Le seuil de tolérance change et évolue selon les sociétés.

 

 

 

Anthropologie de l’intolérable 

 

Didier Fassin propose de construire une approche anthropologique de l'intolérable en partant de l’observation d’un rituel de la tribu des Diolas du Sénégal nommé Kanaalen (2). Rituel d'affliction, il consiste en un ensemble de gestes symboliques pour réparer ou conjurer le malheur collectif. Il est prescrit lorsqu'un danger semble peser sur la fonction maternelle d’une femme : suite à un décès d’enfant, à des fausses couches, à l’absence de grossesse, lorsque l’enfant est malade de façon répétitive. Après le diagnostic fait par un sorcier, elle est envoyée en exil pour une période qui peut durer de trois à cinq ans. Elle doit vivre sa vie dans une autre famille et un autre village où elle n’est pas connue, elle est tenue au secret, elle change de nom (pour un nom animal ou sexuel). Assignée à un rôle de bouffonne dont elle revêt l’habit et les attributs en permanence, elle doit  se conformer à des comportements d’inversion : elle mange par terre, elle imite les animaux, elle imite et provoque les hommes, … Outre la violence  du rituel d’entrée dans la nouvelle communauté, pendant lequel elle est dénudée, animalisée, battue, elle subit de multiples épreuves.

 

Ces situations sont fréquentes dans un milieu social où un enfant sur trois ou quatre meurt avant cinq ans et où les femmes travaillent dans des conditions difficiles. Un quart d'entre elles, dans la population locale, a l'occasion d'effectuer ce rituel au cours de sa vie.

 
 

Le rituel peut prendre fin, lorsque la communauté estime que l'enfant n’est plus en danger. La mère est libérée de ses obligations, lors d'une nouvelle cérémonie elle reprend son nom et une apparence vestimentaire normale. Le nom stigmatisant et le costume donnés restent d’usage pour les fêtes villageoises où elle doit reprendre son rôle. Bien après la fin du rituel, les femmes restent marquées par cette épreuve qui est pour beaucoup d’entre elles, un traumatisme. De plus en plus de jeunes femmes tentent d'échapper à une tradition pénible en quittant leur village.

 
 

Le rituel met d'abord en exergue les limites morales et la sensibilité de l'observateur occidental qui risque d’appréhender l'intolérable uniquement par rapport à son seuil de tolérance culturellement situé : ce sont les souffrances et les maltraitances endurées par la mère qui nous semblent procéder de l’intolérable. À travers un rituel qui met en scène une transgression des limites ordinaires de la nature et de la culture (des limites instituées entre les sexes, entre l'humain et l'animal, entre la vie et la mort), la communauté exprime la gravité du désordre qui la menace par un de ses membres. Nous voyons ce qui lui est intolérable : morts d'enfants, stérilité ou risques de stérilité…  Tout ce qui se révèle une atteinte potentielle à sa continuité biologique.

 
 

Pour Didier Fassin, l’ambition de donner une dimension universelle à la notion d’intolérable passe par une opposition entre une posture  ethnocentrique à une posture ethnocentrée : pouvoir écouter et enregistrer les valeurs qui sont celles de l’altérité culturelle. Pour éprouvant qu'il soit, ce rituel redonne à la personne une place dans le groupe. Ainsi, ce qui nous paraît cruauté peut être perçu comme solidarité : il réinscrit l'histoire de la personne dans celle de la tribu. Il ne s'agit pas d'adopter le point de vue du relativisme moral mais celui d'un relativisme culturel et méthodologique, pour construire un point de vue non pas éthique mais anthropologique qui tente d'utiliser les catégories utilisées par les indigènes eux-même.

 

 

 

L’appréhension moderne du corps et de la souffrance

 

Dans les sociétés occidentales contemporaines, une attention particulière est portée à l'intégrité corporelle. Le corps est la limite d’un interdit moral qui se constitue dans un double rapport : le corps est d’abord physique comme lieu par lequel l'être est au monde; le corps est politique en tant qu'« espace social » (3), espace du droit ou s'ancre une partie de la dignité de l'individu. Le crime contre l'humanité est la figure la plus accomplie de cette atteinte en ce qu'elle met en exergue une dimension éthique et juridique à l'intolérable.

 
 

L’avènement de la modernité a donc vu une évolution des sensibilités et des valeurs vers une culture du corps et une culture des sentiments. On peut observer qu’à différents niveaux (hygiène, soin, présentation de soi… ) la sensibilité sociale s’est fixée sur les symptômes corporels, la perception de la douleur et de la maladie, dans le sens d'une moindre tolérance. Le domaine des valeurs se recentre  sur les affects et  l'éprouvé du rapport à soi et à autrui ; la souffrance des autres est plus insupportable qu'avant (4).

 

 

 

Evolution des lois

 

Les évolutions du droit,  au XIX° et au XX° siècle, marquent des changements dans les conceptions de l’intolérable. De nouveaux intolérables s'affirment à chaque fois contre des états antérieurs de la distinction entre bien et mal et manifestent  dans l'invention de nouveaux droits : les lois contre la maltraitance des enfants et la limitation de la durée de travail pour les plus jeunes témoignent d’une évolution des structures sociales et de l’avènement d’une nouvelle sensibilité à l’enfance. Patrice Bourdelais et Georges Vigarello (5) nous en racontent la difficile naissance.

 
 

Si désigner l'intolérable semble désigner une gravité extraordinaire, extra normale, l'enquête sociologique montre la grande capacité des sociétés à tolérer l'intolérable : individus et groupes peuvent aussi contourner, ignorer, refouler l'injustifiable jusqu'à lui donner une dimension finalement acceptable.

 

 

 

Frontière morales, frontière sociales

 

Jean Pierre Dozon (6) retrace une évolution de la perception du sida dans les espaces publics et les populations en occident et en Afrique qui rend compte d’une « différenciation sociale des impératif moraux » : on n’applique pas à tout le monde les mêmes échelles du supportable, ce qui est intolérable pour mes proches est tolérable pour l'étranger ou celui qui est en dessous de moi dans la hiérarchie sociale.

 

Le sida apparaît au début des années 80, il va apparaître alors comme figure de l’intolérable : Il occupe alors le devant de la scène associative, médiatique et politique d’abord parce qu’il réveille le spectre des anciens fléaux et d’une possible mort collective massive. Il inspire la répulsion aussi parce que la maladie peut être asymptomatique assez longtemps et se diffuser de façon invisible, aussi car elle atteint l'individu dans le registre de sa vie intime.

 
 

Lorsque arrivent au milieu des années 90 les tri-thérapies ; de maladie mortelle, le sida va progressivement devenir une maladie chronique. Cette évolution est rendue possible par la diffusion de médicaments inaccessibles par leur prix, à l’autre partie du monde. Le sida qui était intolérable jusqu’en 1994 (date du dernier Sidaction nous rappelle l’auteur), en Europe et aux Etats Unis, devient tolérable dans la représentation qu’en donnent les médias et les pouvoirs publics d’Occident. A cette époque, l’épidémie explose en Afrique et annonce la disparition de millions de personnes. Mais le sida n’est plus perçu comme problème majeur dans l’espace public occidental.

 
 

Les appréciations différentes de la maladie mettent en lumière une frontière entre nous et les autres, entre des frontières sociales et éthiques du tolérable et de l’intolérable. Ce qui est intolérable pour nous ne l’est pas pour les autres : des politiques inefficaces de prévention seront préférées à des modes d’intervention thérapeutique jugés trop onéreux et inefficaces… Inefficaces pour une Afrique dont les responsables des grands organismes internationaux pensent que le sida y est un problème culturel et comportemental ; un véritable partage du monde est de fait instauré par les inégalités d'accès au traitement (en 2005, dans la plupart des pays africains les taux de séroprévalence peuvent atteindre 30 % de la population générale).

 

 

 

L’idée d’Humanité

 

Didier Fassin (7) retrace l’invention de la notion d’humanité à partir du dix-huitième siècle, en montrant comment elle s’est élaborée sur l’idée d'un progrès universel pour tous, sur l’accumulation de droits et simultanément, sur la définition d’une inhumanité, sur le postulat d’une barbarie extra-occidentale : on invente les figures du barbare, du « non humain » des images négatives de l’autre (8)  qui vont légitimer les moyens violents des expéditions coloniales menées en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie. Pour imposer un ordre politique et économique, les pays d’Europe vont réduire des populations entières à l'esclavage, recourir à toutes les formes de violence, a des actes génocidaires qui aujourd’hui seraient qualifiés de crime contre l'humanité.

 
 

Si la notion d'humanité paraît se poser aujourd’hui comme un acquis et si elle semble la catégorie « la plus inclusive possible », elle révèle aussi des divisions : si personne n'est plus en dehors de l'humanité, on peut être désaffilié comme le sont les « inutiles au monde », dont parle Robert Castel, qui dessinent le dehors du monde social. Comme idéal social « l’humanité » participe en fait  d’une « différenciation des impératifs moraux » et d’une hiérarchisation des populations.

 
 

Sous un jour humanitaire, la doctrine dite « zéro mort » qui a prévalue dans les récentes interventions occidentales, notamment au Kosovo, lors des bombardements sur l'agresseur serbe, procède d’une logique de séparatisme : il n’y a pas eu de pertes pour l'Otan lors des 68 jours de campagne qui ont repoussés les serbes (en l’an 2000), mais environ 500 victimes chez les civils. On tolère en fait les dégâts collatéraux dus à des bombardements faits à haute altitude (avec une précision moindre) pour préserver les pilotes. Il y a là, un principe de non équivalence des vies qui est affirmé même dans le dénombrement des morts de la guerre : une attention plus grande est portée aux pertes militaires qu'aux pertes civiles. C’est un principe d’aide aux personnes en détresse sous condition d’un moindre coût ou de l’absence de risques. Il marque un partage du monde entre ceux dont la vie est sacrée et ceux dont la vie est sacrifiable, entre les personnes qu'il faut « faire vivre » et celles qu'il faut « laisser mourir » (9).

 

 

 

Etrangeté / liminalité

 

Présent dans l'actualité sous la forme du migrant, l'étranger est une figure du « dehors » des frontières morales de l’Occident.

 

Le renforcement des réglementations sur l’asile et l’immigration depuis le début des années 70 a engendré une population de ce qu’Hannah Arendt appelait « les sans-droits ». Clandestins, « sans papiers » sont situés en dehors de la protection du droit sur un territoire de « droits ». Ils placent les États devant une contradiction morale et politique ; d’où cette tendance à les maintenir ou à les repousser au delà de frontières où rien n'est exigible, afin qu'ils ne puissent formuler une demande de réfugié  leur donnant accès à des droits. L’auteur observe que la restriction de l’accueil par l’asile politique a comme effet le déplacement de ces demandes vers une demande d’aide médicale (10) et la valorisation, par contrecoup, d’une forme de reconnaissance et d’accès au droit qui passe par la légitimité de l'intégrité corporelle et de la preuve corporelle. Pour cette partie de l’humanité, l’appartenance à la commune humanité tend à se réduire là, à une dimension minimum, comme le droit à la seule survie biologique ou à l’aide humanitaire.

 

Les auteurs font un parallèle entre l’importance de la couverture médiatique qui a été donnée à l’acte terroriste du 11 septembre 2001 et l’importance qui n’a pas été donnée aux conséquences du sida pour les Africains. Cette indifférence des pays dits développés renvoie la bienveillance dont ils se prévalent au statut d'une idéologie des droits de l'homme destinée à masquer des rapports inégalitaires construits. S'il y a eu une invention et une « multiplication des intolérables », qui précède ou accompagne l'évolution progressive du droit, l’époque moderne voit aussi l’accroissement des « conflits d’intolérables » entre groupes sociaux (11) et la diffusion d'un différentialisme ethico-moral dans différentes régions de l'espace social. On ne peut pas envisager une avancée univoque de l'humanité dans la voie du progrès moral.

 

 

 

Seuils sociaux de tolérance

 

Alors que notre actualité est régulièrement dominée par les figures complémentaires de la victime et du coupable (en particulier l'enfant-victime et le pédophile), on imagine facilement d'autres figures possibles de l'intolérable, le terme peut s'expérimenter dans des configurations différentes. Comment ces représentations sociales s'intègrent-elles dans des processus et des effets de régulation sociale ? Comment nos fantasmes, désirs ou angoisses construisent des monstres ou des « repoussoirs » ?

 

 

La notion d’intolérable réinterroge les conditions d'émergence des différentes catégories de la souffrance et de la déviance sociale, qu'il s'agisse de dénominations médicales ou d'individus : troubles post-traumatiques, dépression, SDF, Jeunes, Mineurs Errants Isolés... Désinences qui sont autant de tiroirs moraux qui relèvent bien d'un travail de définition historique et politique du réel, qui passe par des énoncés scientifiques, des confrontations sociales, des délibérations, législations, dénégations... « L’inflation des intolérables » tout au long du XX° siècle doit nous permettre de voir que le ou les seuils de tolérance d'une population, d'un groupe social peuvent aussi se déplacer. L’ouvrage opère une mise en perspective de notre tolérance (par le constat de ses variations et ses métamorphoses) qui rend visible les aspects collectifs de notre perception et de nos ressentis ; il ne nous amène pas pour autant à une banalisation de la souffrance (en la renvoyant au domaine de la construction culturelle) ou de la sensibilité humaine, auquel nous mènerait un certain relativisme moral ; ni à un rejet du principe du droit au motif qu'il procède de l'universel abstrait ou qu’il aurait servi d’alibi aux visées coloniales. Le regard des auteurs tend plutôt à construire un point de vue anthropologique et inclusif, capable de retranscrire la singularité culturelle ou historique et de déconstruire les séparatismes ou les discriminations ; ce qui peut avoir comme effet de les rendre inopérants.

 

 

 

 

 

Notes

 

(1) Didier FASSIN et Patrice BOURDELAIS, « Les frontières de l’espace moral », p. 8.

 

(2) Didier FASSIN,  « L’ordre moral du monde », p. 23.

 

(3) Didier FASSIN et Patrice BOURDELAIS, p. 9.

 

(4) Voir Richard Rechtman, « Du traumatisme à la victime. Une construction psychiatrique de l’intolérable », p. 165-196.

 

(5) A partir des enquêtes médicales et sociales, les observateurs et réformateurs sociaux du XIX° prennent connaissance de l'état désastreux de la santé des enfants en France. Leur probabilité de décéder avant d'avoir atteint l'âge adulte est élevée. A une période marquée par une idéologie de la liberté du travail, le vote de la loi de 1841 (limitation de l’âge et de la durée de travail) n'éteindra pas la volonté patronale de recourir à une main d’œuvre docile et peu coûteuse. La limite juridique sera effective qu'avec la loi de 1881 sous l'influence de deux tendances : une évolution technique et une nécessité économique qui rendent non rentable l'emploi de main d’œuvre peu qualifiée. Et, d'autre part, l'obligation et la gratuité scolaire. Patrice Bourdelais, « L’intolérable du travail des enfants », pp. 91-109.

 

Dans « Genèse de la loi sur la protection des enfants maltraités et moralement abandonnés l’enfance » (pp. 111-127) Georges Vigarello nous montre comment un changement de la sensibilité sociale va donner à l'enfant un statut de victime et faire de lui une personne de droit. Les médecins, pédagogues, juges et députés vont être les intermédiaires privilégiés de l'Etat pour intervenir dans la sphère privée et limiter l'autorité du père de famille. Ils sont tous agent d'une nouvelle « économie morale de l'enfance » et des corps dont la loi du 24 juillet 1889 réprimant les mauvais traitements aux enfants est une étape. (Voir aussi son ouvrage Histoire du Viol, Paris, Seuil, 1998.)

 

(6) Jean-Pierre Dozon, « De l’intolérable et du tolérable dans l’épidémie de sida. Un parallèle entre l’Occident et l’Afrique », pp. 197-224.

 

(7) Didier Fassin, « L’ordre moral du monde », pp. 17-50.

 

(8) Par exemple : la célèbre controverse pour savoir si les indiens ont une âme ou pas. Le « cannibalisme » a été  très tôt un discours pour considérer l'autre comme « inhumain ». Le renvoi de l'étranger dans la barbarie, hors de toute  moralité, dans l'infra humanité permet d'asseoir une domination et de légitimer l’esclavage.

 

(9) Michel Foucault sur le  « bio pouvoir », cité par Didier Fassin, p 45.

 

(10) Depuis 1997 la loi (d'abord loi « Debré ») indique que toute personne pouvant  faire la preuve qu'il a une maladie grave nécessitant des soins non accessibles dans le pays d'origine peut bénéficier d'un titre de séjour temporaire et de droits sociaux. L'accès au droit se fait là par la question de la survie biologique et d'une  « autorité de la souffrance ».

 

(11) Voir Sophie Wahnich « La révolution française comme conflit d’intolérables. Comment définir l’inhumanité en période révolutionnaire ». Sophie Wahnich explore les affrontement des visions révolutionnaires et contre-révolutionnaires à Lyon en 1789. Serenella Nonnis Vigilante (« Les intolérables des politiques mortuaires modernes ») nous présente un autre aspect de l’affrontement entre les intolérables. A la fin du XIX°, les hygiénistes italiens cherchent à réglementer les inhumations en vue d'éviter une propagation des épidémies. Les populations sont choquées par une telle précipitation qui est contraire aux soins traditionnels apportés aux parents défunts.

 

 

 

 

Publié dans : GALHAUT Emmanuel
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