Dimanche 16 septembre 2007
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Chacun entretien des rapports particuliers avec son habitat que l’on peut qualifier de « bricolage ».
Chacun bricole imaginairement l’espace.
Habiter nécessite la participation de chaque être humain dans toutes ses composantes : historique, sociale, familiale, psychologique, consciente et
inconsciente …
A travers la construction de son espace, se construit l’identité sociale du sujet et ses relations avec les espaces des autres afin de permette des jeux relationnels
entre le dedans et le dehors, soi et l’autre.
Au delà de l’identité sociale du sujet, c’est le sens du sujet lui-même, son identité intime qui se construit, déconstruit,
reconstruit, co-construit au travers de ses trajectoires résidentielles.
L’habitat sert aussi de médiation entre l’homme et la nature. Dans notre société ultra sophistiquée et déconnectée de la nature, cette médiation est particulièrement investie et par
la même particulièrement fragilisante car porteuse de multiples enjeux et contradictions inhérentes à la nature humaine.
Plus l’homme est éloigné de la nature, plus celle-ci montre une figure hostile et menaçante. Plus il essaie de s’en protéger en l’annulant, plus elle revient en force lui rappeler la réalité de
l’éphémère de toute chose et de sa toute puissance.
L’univers de l’habitat est un univers polysémique.
Le rapport des individus à leur habitat met en jeu un certain nombre de registres intégrant des fonctions à la fois sociales et symboliques.
L’espace dans lequel chacun vit est construit de la complexité de ses propres images , valeurs, affects, pratiques par rapport au monde réel et imaginaire dans lequel il s’est construit ;
complexité qu’il parvient à maitriser avec plus ou moins de bonheur ...
Chacun pour exister doit se constituer, et /ou se représenter une entité un peu près cohérente.
Quelques soient les failles ou les fractures (réelles, symboliques ou imaginaires) que le traversent.
L’habitat participe à cette construction. Il peut être pensé comme un support, un lien entre des éléments identitaires éclatés.
Ces éléments identitaires qualifiés d’attributs par Julia Kristeva (1977) constituent l’individu pour lui-même.
Ils peuvent être différents de ceux que les autres individus lui affectent.
Ils permettent à la fois de revendiquer une appartenance collective à un groupe, une communauté, une classe sociale et de se distinguer des autres, d’accéder à une identité singulière.
Ces attributs identitaires se greffent sur la structuration de sujet au sens freudien du terme, noyau structurel de la dynamique psychique dans les allers en retour sur le sujet.
Le rapport à l’habiter fonctionne pour chacun de nous sur plusieurs registres : rapport à soi, à sa famille, à son histoire, aux autres, à la société, à l’univers, à la nature ...
Chaque individu réalise un fragile équilibre entre les tensions qui le traversent (passé/devenir, aspiration/réalité, protection/affrontement à l’inconnu, repli/ouverture, intimité/sociabilité, encrage/modernité).
L’habitat est la scène privilégiée sur laquelle se joue et s’exprime l’identité multiforme de chaque individu, scène qu’il a plus ou moins choisie .Il constitue un support de médiation des
rapports entre chaque individu et le monde qui l’entoure.
L’être moderne est fait de ces fragments identitaires avec lesquels il constitue un semblant d’identité.
Il doit déployer une énergie farouche pour faire tenir ensemble les éléments qui le composent, opérant une dialectique permanente de l’unité et de la diversité.
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